Cette page est en cours de réécriture complète (27.01.2013)/me/index
/me/intro
Te voici donc arrivé sur le menu /me. Bienvenue. Ne te formalise pas de ce tutoiement, c’est la règle sur blogiGor. J’essaie sur cette page, non seulement de me présenter, mais aussi de modeler à ma façon un cadre imposé, relativement rigide. Parce que l’identité est un concept mouvant, insaisissable.
L’identité. Il n’est pas une seule réalité du monde qui ne soit un composé instable d’autres réalités, d’autres composés. De plus l’identité est une construction mentale de l’animal humain, ce qui en diminue d’autant plus la portée “objective”. Et justement, je suis dans un sens mal placé pour /me définir. Ce n’est pas Montaigne ou Victor Klemperer qui me contrediraient. Ni quelques myriades d’autres personnages célèbres ou anonymes. Avec une préférence marquée pour les anonymes.
“Concept mouvant” : signifie que ce qui est écrit ici constitue la trace d’un avis éphémère, forcément.
DJ Shadow – The Less You Know, The Better (2011) – Circular Logic (Front to Back)- Who are you ?
- Errr…
- Who are you ?
- What are you talking about ?
- Who are you ?
- I am me !
- I am me too, that doesn’t mean anything.
- Well, what do you want me to say ?
- Who are you ?
- What are you trying to do to me ?
- To find out who you are.
- You’re a sadist !
- I’m Truth, Life…
- Why are you torturing me ?
- Who are you ?
- I… I don’t know who I am.
- Now, we can begin…
L’identité. Tu l’auras compris, pas besoin de lire entre les lignes, c’est une notion qui me fascine et m’inquiète. J’aimerais, comme un chat chassant sa queue, mettre le doigt sur cette tache lumineuse qui ne cesse de courir sur le mur. Je cherche constamment de nouvelles ouvertures pour échapper à cette citadelle, cette prison, le siège du psycho-tyran. Si je t’effraye par mes mots, t’importune ou t’indiffère, c’est un peu voulu, mais rien ne t’as forcé à m’avoir lu jusqu’ici. Si au contraire, cette liste de morphèmes sans queue ni tête t’intrigue…, eh bien tant mieux.
Vieux comme la crise du pétrole, comme beaucoup, je suis né entre des livres, des taches d’encre et quelques vinyles. Les noyaux des centrales nucléaires se sont mises à fusionner, les empires d’après les empires s’écroulèrent et s’écroulent encore et à la croissance des montagnes de papiers s’ajouta la croissance des montagnes de déchets électroniques. Au milieu de cette dématérialisation joyeuse, j’observe les traces éphémères de mon cheminement chaotique.
C’est la présentation que tu trouves au bas de mes billets. J’estime que pour l’univers numérique, c’est déjà un bon début. J’ajoute que mon parcours a été accidenté et, comme pour beaucoup, ne ressemble pas à cet ensemble aussi vide qu’oppressif que constitue la norme. Je n’ai d’autre choix que de l’assumer et j’apprends à puiser dans mes faiblesses de quoi faire face. Et pas seulement. Non. De quoi jouir des quelques plaisirs qui passent.
Hop. Un plaisir vient de passer, justement.
Des rugosités de mon parcours, j’en retire une vision de l’avenir empreinte d’incertitude prudente. Je ne sais de quoi demain sera fait. Alors je me projette dans des sphères qu’il me semble raisonnable d’envisager. Je recours donc à des descriptions très vagues et centrées sur le noyau de l’existence. Je veux mettre l’essentiel de mon énergie dans mon rapport à l’Autre qui m’entoure depuis les tréfonds de ce que je crois à tort faire partie de “mon” identité. Jouer l’équilibre inconfort/confort vis-à-vis de moi-même comme de l’Autre, qu’il soit proche ou plus distant. Et pour cela, je veux pouvoir inscrire mon activité créatrice dans un domaine qui soit utile à l’ensemble de la collectivité.
À propos, sais-tu que d’un point de vue statistique, la fonction “éboueur” concourt plus à l’espérance de vie que la fonction “hôpital” ?
/me/cv
Pour une version plus officielle, tu peux télécharger mon CV ou aller voir mon profil linkedin.
/me/now
D’ici cet été, je termine une formation dans le domaine de l’Information documentaire. Il y est question d’accès et de gestion de l’information. La filière comprend les trois domaines professionnels de la bibliothèque, des archives et de la documentation. Bien entendu, avec l’extension du domaine de l’informatique, les définitions classiques de ces métiers évoluent fortement.
Aussi, mes journées en ce moment se composent du suivi de cours et du travail qui va avec (XML, CMS, Modélisation UML et Java, Numérisation, GED), et du travail de bachelor – à comprendre comme un travail de diplôme d’une formation professionnelle. Il s’agit d’un mandat pour le service NTICE de l’Université de Genève, consistant à établir des directives pour sensibiliser les chercheurs et surtout à les aider à mettre en œuvre de bonnes pratiques d’un point de vue documentaire, dans l’utilisation d’un futur outil de travail collaboratif informatisé. C’est un projet qui rejoint pour beaucoup ma passion de l’informatique libre et l’importance de l’utilisation des formats libres, ou au moins ouverts, pour améliorer les possibilités d’interopérabilité et de préservation à moyen et long terme de l’information à notre époque numérique. Les questions d’accessibilité, quel que soit l’éventuel handicap, quel que soit le système d’exploitation ou le type de logiciel (ce qui se nomme aussi interopérabilité), et de pérennité à plus ou moins long terme des données et documents numériques me tiennent particulièrement à cœur. Tout en cherchant à adopter une attitude critique, à prendre du recul par rapport aux fantasmes propres à notre époque digitale et éphémère.
Sinon, schématiquement, une journée de travail commence par une heure et demie de lecture agrémentée de jus d’orange et de café – j’aime beaucoup me lever tôt, profiter solitairement du reste de silence de la fin de la nuit. Je commence par lire en partie en diagonale et en partie plus attentivement l’exemplaire d’un quotidien auquel je suis abonné en version électronique. Ce quotidien a le bon goût de me mettre à disposition une version pdf sans aucun DRM. C’est donc bien l’équivalent d’un abonnement papier. Puis, j’ouvre mon agrégateur de flux RSS et je parcours la liste des titres non lus. Je ne lis évidemment pas tout, mais ce qui semble être en lien avec mes intérêts. Enfin, je survole les messages de la nuit passée des comptes identi.ca ou twitter que je suis. Lors de ces lectures, si un article ou l’autre me semble digne d’intérêt, je le signale sur identi.ca et sur twitter. Il arrive régulièrement que je partage un lien au moyen d’un court e-mail à l’un ou l’autre de mes contacts. Diffuser une information pertinente à une personne précise est quelque chose que j’apprécie tout particulièrement.
Puis commence la journée, ces trois dernières années, ça voulait dire aller en cours. Parfois à midi je prends le temps de consulter mes flux RSS (que je synchronise via mon serveur dédié, tâche facilitée par le fait que j’utilise un agrégateur en mode texte et donc très léger, dont l’austérité est propice à la lecture). Je le fais également une fois en fin de journée. En plus de ces temps de lecture, je dégage quelques heures pour avancer le travail en rapport avec ma formation. Mais de manière générale, à part le moment de lecture-repos, c’est-à-dire de lecture sur papier, presque exclusivement des romans, au lit avant de m’endormir, j’ai bien de la peine à différencier, dans mes lectures, ce qui appartient à la sphère professionnelle ou personnelle. Ces deux sphères sont étroitement intriquées, se nourrissent l’une l’autre. Je ne sais trop que penser de cet état de fait, qui m’enchante et m’inquiète. Si l’activité utile n’était pas aussi limitée par la marchandisation du travail, ça ne me poserait pas de problème…
Le quotidien ne se résume bien entendu pas à cela. Comme pour la plupart, pour faire face à l’existence, il faut passer quelques heures par jour à faire la vaisselle, cuisiner, aller à la chasse au légumes du marché (de préférence de la production locale, et respectueuse des sols, dans le but de tendre vers une souveraineté alimentaire la plus universelle possible), la lessive et j’en passe… Il ne s’agit pas là d’activités annexes, ou de moindre valeur. Une société, la valeur de la vie passe aussi, et peut-être avant tout, par là. Le but du XML, des idéologies, de la littérature, etc., c’est de se retrouver autour d’une table, ou d’une nappe sur une étendue herbeuse, à plusieurs, de partager les saveurs et les paroles. L’animal humain est un primate. Et les primates passent la plus grande partie de leur vie sur leurs fesses, à socialiser.
/me/interests
J’ai déjà mentionné ma passion de l’informatique libre. J’aborde ce sujet sur la page qui présente le nom de domaine id-libre.org. Comme le dit très bien RMS, l’informatique prend une place de plus en plus centrale dans notre vie quotidienne – sans parler de l’univers professionnel de l’Information documentaire -, aussi est-il essentiel de s’opposer aux possibilités liberticides de cette technologie et d’en développer, au contraire, les potentialités émancipatrices. Contrairement à une partie du libre volontiers libérale – et c’est son droit le plus strict (il doit y avoir un malentendu à la Stirner là-derrière) – je suis convaincu de la nécessité de réfléchir d’un point de vue critique à l’organisation politique, sociale et économique de notre société. Imaginer d’autres mondes est devenu une nécessité : le “système” tel qu’on le connaît s’effondre et nous n’avons pas de modèle alternatif. Sauf une espèce de néo-féodalité que je juge tout à fait effroyable et qui a été théorisée dans le mouvement cyberpunk bien sûr, mais aussi par François Chesnais.
J’ai bien entendu d’autres intérêts. Bien plus anciens que l’informatique libre. Et même que l’informatique. Par exemple l’écriture, même à très petite dose. Comme une soupape de sécurité. La première raison d’être de ce blog. Internet n’est pas pour moi un espace commercial. Bien sûr, il est envahit par l’omniprésente et avilissante marchandisation de tout à laquelle se résume notre “civilisation”. Mais c’est accessoire. Cette marchandisation va disparaître. Peut-être que le réseau des réseaux survivra à ce cataclysme. Internet, c’est un moyen de communiquer tout à fait particulier. Décentralisé. Il permet le web. C’est-à-dire la possibilité de s’auto-publier à très peu de frais. Et “[il] faut [...] se battre contre cette obsession de notre époque pour la visibilité : ce n’est pas grave de ne pas être très visible. Ce qui importe, c’est ce qu’on fait et avec qui on le fait.” L’écriture, même à très petite dose. C’est l’activité qui me permet de trouver un équilibre, d’écouter les myriades de voix qui hurlent et murmurent en moi. D’espérer apprivoiser, ne serait-ce qu’un peu, l’Autre, l’Étranger qui m’habite, parfois plus que moi-même. Par là, l’écriture, même à très petite dose, pacifie et nourrit mes rapports avec la société. Qui ne saurait être un ensemble homogène. Tout n’est pas dans la paix. Il y a forcément des rapports de force. La violence est plus destructive lorsqu’on la fuit, lorsqu’on la nie, lorsqu’on s’aveugle.
Je sais également que l’écriture est née de la lecture. J’ai traversé quelques déserts, grâce à la lecture. Une lecture intensive et continue des livres auxquels il est possible d’accéder gratuitement, par le privilège de la citoyenneté, de l’existence administrative et d’habitus culturel. Les bibliothèques sont une richesse collective encore en bonne partie impensée. Peut-être impensable.
De la lecture, qui m’a souvent sauvé, de l’écriture qui me permet de respirer (à moins que ce soit de respirer qui me permette d’écrire), découle assez logiquement mon orientation professionnelle, qui cohabite merveilleusement bien avec mes orientations technico-politiques. Découle assez logiquement, mais il serait mensonger de ne pas au moins signaler que dans ce choix comme dans tous les choix, ont pesés des considérations plus pragmatiques, conjoncturelles.
Il y a des environnements qui me semblent plus propices au bon développement de quelques idées qui m’habitent, qui me traversent. D’ailleurs, ce qui me semble essentiel, c’est de favoriser ce passage. Je pense qu’à bien des égards notre époque est métaphoriquement située entre la fin de l’empire romain et Charlemagne. Et tout ce qui concourt à faire survivre les idées que l’on peut juger utiles à la vie des animaux humains, a de la valeur à mes yeux. Mais, justement, puisque la période est incertaine, moins figée qu’il y paraît (surtout lorsque l’on observe les discours des politiques ou des lobbyistes qui sont aussi habiles que des vertébrés fossilisés, signe que leur monde est révolu), il est difficile de déterminer de manière définitive quels sont ces environnements. M’attirent plus facilement les contextes qui visent à ouvrir les possibilités. Par exemple, je pense qu’il est très utile d’aider qui a besoin d’aide. Seulement, cette aide prend rarement la forme que l’on imagine. Elle commence la plupart du temps par l’écoute, par la capacité d’entendre. Parce qu’il est vraisemblable que le message soit quelque chose du genre : “arrête de m’écraser le pied, merci.” J’aime quand quelqu’un s’empare d’un outil et fait quelque chose d’inattendu, de non prévisible. C’est la raison qui me pousse à m’opposer aux barrières inutiles, aux frontières aussi frileuses que violentes, aux accès protégés qui ne protègent, la plupart du temps, que des privilèges injustifiés. Oui, j’aime les bibliothèques publiques. J’aime quand un non-universitaire entre dans une bibliothèque universitaire. Quand un plongeur (univers hôtelier) éthiopien juge qu’un quotidien de Genève ne se foule pas vraiment pour écrire ses articles. Le partage, quel qu’il soit, nous enrichit collectivement.
Trouver la bonne information qui répond au besoin de quelqu’un me réjouit. Mais plus encore, que ce quelqu’un reparte avec le moyen (méthode, outil) d’accéder par lui-même, sans intermédiaire aux informations dont il a besoin. “La liberté des autres étend la mienne à l’infini”, dixit Bakounine. Ce n’est pas pour rien que j’ai mis cette citation sur la page d’accueil de mon blog.
Pour le reste, j’ai de la peine à voir autre chose que le besoin de fuite – devant la mort – dans la plupart de mes intérêts, cher Pascal. Suivre l’actualité semble important. Cela permet avant tout de ne pas sentir, ne pas connaître ni reconnaître le présent. Ce qui compte est un creux, un vide qui creuse. Et révèle en creux ce qui compte. Ne crois pas que ce ne soit là que de l’incohérence.
Aussi je n’ai pas forcément envie d’en parler. Les billets de mon blog suffisent amplement.
/me/projects
Du plus loin que je me souvienne, je ne suis que très rarement parvenu à me projeter dans l’avenir, qu’il soit relativement proche ou plus incertain encore. C’est un concept qui n’a que peu de valeur à mes yeux. Chacun sa forme de personnalité, je ne tricherais pas. Les événements prennent du sens après coup, c’est une des maladies de l’esprit humain : insérer du sens dans tout. J’y succombe, bien entendu, mais sans trop y croire.
Je m’approche de la fin d’une formation. Ce qui signifie qu’un jour je me suis lancé dans cette formation. Ce choix a été déterminé par l’expérience d’une nudité assez proche de l’absolu. Et l’absolu est hideux. Ce qui m’a offert, dialectiquement, le désir. Désir d’agir. Et aujourd’hui, je m’approche de la fin de cette formation. Ce qui signife une recherche de travail. J’aurais pu écrire “emploi”, mais le mot n’est pas très réjouissant. Il est fidèle à la réalité de la vente de son temps contre moyen d’existence, pour autant je trouve d’un fatalisme dangereux de s’en satisfaire. Je ne désire pas seulement trouver un moyen qui me permette de répondre à mes besoins (au sens large, y compris celui de vivre avec). Je désire avoir une activité qui crée. Par exemple du lien social. Une activité qui crée de l’utilité collective. Je souhaite vivement, pour moi et pour toi, que tu sentes la charge subversive que je vois inscrite dans les mots “utilité collective”, que l’on soit d’accord ou non. On a tout à gagner à la clarté.
Mais ce sont là des souhaits, des désirs. Il y a aussi le principe de réalité. Il ne me fait pas peur.
/me/network
Je suis profondément convaincu que l’individualité est un composé, notamment du produit des rencontres. Je ne saurais remercier l’entier des personnes dont la rencontre a été fondamentale, si ce n’est plus encore. Et, ce n’est pas tout de croiser la route de quelqu’un, encore faut-il être en mesure de le percevoir, de recevoir ce qui est échangé. Non, cela ne va pas de soi. Tout ça pour dire qu’il y a une part de mystère, de non-maîtrisable.
Mais dans les personnes qui m’ont marqué, il y a certainement le bibliothécaire responsable de la bibliothèque d’histoire de l’art de l’Université Genève où j’ai fait mon stage pré-requis pour être admis à la formation que je termine. J’ai découvert auprès de lui tout ce qui peut être fait pour ne pas dresser d’obstacles inutiles à l’accès au savoir. Que le travail bien fait et des compétences éprouvées s’accordent fort bien avec la simplicité. Surtout une ouverture à l’autre. Le tout dans une jovialité tranquille.
Dans l’univers numérique, des rencontres peuvent être tout autant décisives. Lorsqu’en automne 2008, en me reconnectant au web après une interruption de près de cinq ans, j’ai découvert le blog de Paul Jorion, j’ai été impressionné. À l’époque, parce que j’avais le temps et parce que le nombre de commentaires sur le blog n’étaient pas aussi démesurément nombreux qu’aujourd’hui (et c’est tant mieux), je pouvais pleinement prendre part aux conversations. Ce qui m’avait marqué, c’est que le ton restait la plupart du temps civilisé, que les intervenants faisaient l’effort de chercher à comprendre ce que l’autre disait, et ne se limitaient pas à penser avoir compris. Les désaccords n’empêchaient pas la cordialité. Je pense que c’était en bonne partie la conséquence de la grande humanité de l’hôte. C’est aussi sur ce blog que j’ai expérimenté pour la première fois un travail collaboratif avec des personnes que je n’ai jamais rencontrées, que je ne rencontrerai jamais. Il s’agissait d’une traduction de l’anglais au français, avec un vocabulaire financier relativement technique. Une traduction menée rapidement, même si j’ai appris depuis lors qu’il y a des méthodes de travail collaboratif qui sont autrement efficaces. Donner quelques heures, à plusieurs, pour traduire un texte, sans trop se préoccuper du contexte, voilà ce qui est pour moi “socialement utile”. D’autres rédigent ou corrigent des articles Wikipedia.
Dans le même ordre d’idée, il y a eu des rencontres avec des morceaux de blues, de jazz et de soul et de leurs dérivés (rock, funk, hip-hop, etc.), qui au creux de la vague m’ont donné l’envie de nager encore, danser encore, vivre sans même avoir la force d’y croire. Les sagesses que l’on retire du blues sont trop souvent insoupçonnées. Le stéréotype du blues comme musique de la douleur est terriblement réducteur. Le blues ne se résume pas. Il est une école, une université avec tous ses départements. Telle est la guitare de Jimi Hendrix. Et un certain nombre d’artistes de hip-hop, quelle que soit la langue.
Du côté des écrits, la liste n’est pas même envisageable ! D’autant qu’elle ne se limite de loin pas à la fiction, même si celle-ci est centrale, un poumon, plus encore.
Il y a aussi eu un événement important. Le 12 septembre 2001. J’ai été atterré par le discours de Georges Bush II ce jour-là. Que l’on puisse proférer le mot “croisade” dans un tel contexte était pour moi incompréhensible. Bien sûr, je comprenais. Je comprenais surtout que je ne me représentais pas correctement le monde dans lequel je vivais, au sortir des étranges années ’90. Alors je me suis plongé dans la lecture, à la recherche de clé pour comprendre ce que je ressentais comme une régression. Je me réveillais au moment où cette régression ne faisait que s’accélérer. Je pense que j’étais né avec elle. Et qu’elle approche de son dénouement.
Dans cette quête de clé, je me suis adressé à diverses sciences, tenté d’en savoir un peu sur l’histoire tout autour du monde, histoire antique, moderne et contemporaine. Tenté de voir les présupposés qui biaisent tout point de vue, celui de ma culture tout autant que les autres. Lu énormément de choses sur la guerre menée par mon pays contre les réfugiés, au point que ce mot n’existe presque plus : on parle de requérants, de refusés. De centres de rétention, c’est-à-dire d’enfermement administratif. De reconduite à la frontière, de refoulement. Des termes chargés. Le XXe siècle devrait avoir servi de leçon. Ça ne semble pas être le cas.
Voilà pour les orientations fondamentales. Pour le quotidien, la liste de mes flux RSS approche la centaine d’items. Ils se répartissent selon les mots clés suivants : information, libre (logiciel libre et libertés numériques), politique, économie, migration, surveillance, critique des médias, id (tout ce qui est en rapport avec mon univers professionnel : archive, bibliothèque, veille, wikimédia, etc.), art, etc. La majorité est en français, mais une bonne partie des flux sont en anglais.
Je ne regarde une émission de télévision ou écoute une émission radio que très, très rarement (et exclusivement via le web), le plus souvent lorsqu’une émission est conseillée par un article issu des mes abonnements RSS. Je constate qu’il est plus efficace d’aller chercher l’information chez les spécialistes qui s’expriment sur le web. Les médias n’informent que très peu : ils se contentent le plus souvent de vendre une audience à des agences de publicités. D’ailleurs, connais-tu adblock+ ?
En dehors des flux RSS, j’utilise deux sites de microblogging : identi.ca et twitter. Le premier, qui fonctionne sur un logiciel et un protocole libre et ouvert, me permet d’être informé par des gens proches du monde de l’informatique libre, source précieuse du point de vue technologique. Le deuxième est plus large. Ce sont des sources d’information utiles lorsqu’elles sont maniées avec un certain discernement. La communauté “id” y est très représentée.
Voilà, je pense avoir fait le tour. Si tu veux en savoir plus, il y a mon blog. Et aussi la page contact.





