S’ouvrir
Publié le 31 mars 2013 par Jeanne | 9 réactions
Nouvelle tentative de départ
encore cette même préoccupation
cette appréhension du changement
du passage de ce lieu connu à
cet autre
Prendre l’air
même frais et humide
ailleurs
humer d’autres odeurs
à plein poumons
celle de la pluie
du lac
des fleurs
de l’asphalte
des rayons de soleil
Garder les yeux ouverts encore toujours
voir d’autres couleurs
d’autres nuances de gris
d’autres lumières
appréhender l’autre les yeux grand ouverts
Prendre confiance
même ailleurs
trouver des repères nouveaux
se fier à ses appuis anciens
essayer de
S’ouvrir à un nouveau lieu
comme on s’ouvre à une partie de soi
comme on s’ouvre à l’autre
s’ouvrir avec la confiance d’une fleur
enracinée au sol
qui s’offre à ce qu’elle recevra
sans rien attendre
puiser en soi
des racines
faire remonter la sève
pour s’ouvrir
osant affronter
se confronter à
la vie
En attendant que…
Publié le 28 mars 2013 par Jeanne | 3 réactions
…le soleil les couleurs les ombres les reflets la lumière reviennent
Let the sun shine
jusqu’à l’intérieur
au plus profond de soi
Jour-J
Publié le 6 février 2013 par Jeanne | 16 réactions
Jour-J
Bien des pensées me traversent
conscience des imperfections
plus nombreuses qu’imaginées
possible déception
conscience aussi du travail titanesque fourni
titanesque à ma mesure de fourmi
grosse pression
finalité d’une vingtaine d’années
Présence de l’amour des miens
émotion gigantesque
cet amour me suffit
mais la tradition veut qu’on y passe
à la soutenance de son mémoire
face à face avec le verdict
que dit le vers?
face à face avec soi-même
dans la langue de ma mère
langue étrangère passionnément aimée
chaotiquement acquise
à force de labeur
Aujourd’hui c’est le jour-J
auquel ont mené quelques longs mois
fait de silence ici
plus que quelques heures
et l’espérance d’y parvenir
encore debout
après tant d’années
Lieu de passage III
Publié le 1 février 2013 par Jeanne | 1 réaction
Comme un lieu de passage abstrait
en attente d’une sorte de finalité
qui n’en serait que le début d’une autre
infini renouvellement du temps
qui passe et qui s’arrête à un point précis
pour repartir finalement
comme un lieu de passage indécis
encore en suspens
entre-deux
lieux
de passage
comme un lieu de passage
sur lequel veille la garde-barrière
vigilante
comme un lieu de passage
qui s’agite à l’arrivée du train
impatient
comme un lieu de passage
prêt à délivrer un important message
attendu
comme un vague lieu de passage
rituel obligé marqué noté
finalité posée
comme une envie d’y passer
enfin et
- recommencer ? -
comme une crainte d’y passer
malgré et
- terminer ? -
en attendant d’y parvenir
déposer quelques mots
rester sur la voie
aux aguets
entre la jeune femme au livre sage
et l’homme en partance
entre un quai de gare et le wagon d’un train
entre l’éphémère réalité et l’hésitation d’un reflet
porter son regard sur l’ouvert
se souvenir de celui qu’on a aimé
le toucher l’effleurer d’un regard ému
pour voir qu’il est devenu celui qu’on aime – lui -
là, pendant tout ce temps qui n’a cessé de passer
Une forme de solidité
Publié le 11 novembre 2012 par Jeanne | 7 réactions
Parfois on n’identifie pas immédiatement ce qui nous parle dans une photo qu’on regarde, dans une photo qu’on a prise. Est-ce le cadrage, les couleurs, le souvenir auquel l’image, le moment, l’instant fixé permet de revenir? Parfois on tourne autour, on tente d’appréhender, de définir, de décrire, de circonscrire. Sans succès. Puis on tombe sur des mots, un poème qui rappelle immédiatement avec force (violence presque) le sentiment qu’avaient procuré ces photos, au moment où elles ont été prises : la confrontation avec cette montagne devant moi. On lit, on relit, l’écho est là. Puis on revient à ses photos, à soi. Narcissiquement. On aimerait comprendre ce qu’elles nous disent, elles, avec leurs mots. En vain. Jusqu’à ce que les mots arrivent. En soi. De soi. Pour ce qu’ils valent. Rien d’artistiques. Mais libérant. Et alors on comprend ce que la photo venait toucher d’existentiel en soi. Symbolique. La promesse d’un possible. D’une ouverture. A envisager. Peut-être un jour. Une forme de solidité.
Une forme de solidité en soi
comme la montagne
qui se dresse devant moi
une forme de solidité en soi
comme l’espérance
qui grandit enfin en soi
une forme de solidité en soi
comme le rayon de soleil
qui éclaircit l’ombre étendue devant soi
une forme de solidité en soi
comme un vaste sentiment
qui prend soudainement corps en soi
dans un instant bref
une forme de solidité
un début
reconnaissance
une tentative
confiance
une envie
sourire
de solidité
en soi
continuer de chercher »




















