Mémoire

Des bulles d’air chaud au-dessus du pôle. Nord.
Le ciel est clair au-dessus du pôle. Nord.
Un air froid tombe en direction de l’équateur.
Un air froid qui s’est fait vent.
Le Lac en est tout remué.
Les employés de la Ville emportent les baraques à glace
sur de gros camions,
pour laisser la place à la glace.

Je traverse la Ville dans le matin obscur.
Le vélo dérive au gré des bourrasques.
L’atmosphère cristalline scintille dans les narines.
Le froid réveille des mémoires souterraines,
elles s’élèvent, réenchantent les rues, les lampadaires.
L’enfance du monde habite encore l’atmosphère.
Une tendresse préindustrielle, une caresse néolithique
qui a entendu chanter les sagas paléolithiques.

Nostalgie. Nord. Sauvage.

Aimer la vie. Aimer le monde.
Ni parce qu’il est bon ou bien.
Parce qu’il est là, parce que je l’arpente.
Parce que. Pour rien.

Se souvenir de l’imaginaire,
qui s’éteint. Sans regret.

Écrire un commentaire

Capcha
Entrez le code de l'image :