Sans nom

le passé se dissout tout au bout
là où file l'étoile
le chemin navigue d'île en île
dans l'archipel des illusions
se libérer du rêve
par le rêve
dans chaque port
l'avenir s'évapore
dans les fumées des brûlis de printemps
peut-être ne reste-t-il rien
plus aucun espace entre
les engrenages les roues dentées
n'y a-t-il jamais rien eu
d'autres que ces cm2 de bitume
sous mes semelles peut-être
n'y a-t-il jamais rien d'autre que le changement
ce point fixe
fleuves en furies pour fondation
fleuves en flammes pour maison
encerclé par les pensées stagnantes
de la peur de vivre
de la peur de vivre
les vivants-morts ont peur de vivre!
effrayés à l'idée d'aérer leur forteresse
librement circulante en circuit fermé
ils s'arc-boutent sur leur utopie morbide et sécuritaire
promettent d'imposer partout
sur tout
leurs fantasmes en décomposition
tout plutôt que connaître
l'indescriptible équilibre
l'intangible équilibre
de la danse des déséquilibres
l'au-delà de l'ordre et de la norme
ce retour avant l'intellect mais
au travers de l'intellect
mouvement mouvement encore et toujours
mouvement incessant oui
mais
fertile
en accord et comment sinon
avec ce qui ne peut se nommer
avec ce qui ne supporte aucune majuscule
aucune volonté
juste :

[caption id="attachment_370" align="aligncenter" width="600" caption="dessin noir/blanc 02"]dessin au stylo noir sur papier blanc, non figuratif : traits entremêlés[/caption]

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