You can haz my freedom. As long as I can haz my pr0n (par Okhin)

Ce texte d'Okhin a été partagé par Neros sur son shaarli. C'est un texte comme les écrit Okhin, c'est-à-dire qu'il ne s'embarrasse pas de choses inutiles. Et je pense que ça s'accorde un peu à ce que j'esquissais sur mon propre shaarli récemment : https://id-libre.org/shaarli/?KokNdw. Au cas où ça peut aider à diffuser le texte d'Okhin, je l'ai traduit. Très rapidement. Il me semble que c'est fidèle à l'original. Si ce n'est pas le cas, dis-le. C'est pas les moyens qui manquent.

Contexte

Hier, l'Assemblée nationale de France a voté la LPM (Loi de Programmation Militaire) et une grande part de la soi-disante société civile était énervée à cause de l'Article 13 qui aurait (ou n'aurait pas, on ne peut pas le savoir de part la manière dont le texte a été rédigé) légalisé ce qui était illégal pour l'État jusqu'ici : récolter en masse des données et des communications, sans intervention judiciaire, pour la défense de l'État.

Et je pense vraiment que la société civile est morte en France. Et je le dis alors que je travaille pour une ONG - la FIDH (Fédération Internationale des Droits de l'Homme) - et après avoir aidé LQDN a combattre ACTA, HADOPI et tout ça.

Je pense juste que le 13e acticle de cette loi n'est qu'une diversion, un os à ronger jeté à la société civile pour qu'elle lutte contre lui, afin de permettre au gouvernement de faire pire au même moment.

Ne touche pas à mon porno

Tout le monde, moi y compris, est pleinement conscient que chaque tentative de contrôler et de censurer Internet (même si c'est stupide) est dangereux, parce que ça t'enlève la liberté de... de faire quoi ? De consommer encore plus de publicités mises en avant par des compagnies privées.

Nous n'utilisons pas cet outil fantastic pour construire une nouvelle société, pour changer l'ancienne, pour organiser des résistance comme c'est le cas presque partout ailleurs dans le monde (Tunisie, Égypte, Syrie, Ukraine, Grèce, Brésil, je veux dire, regardes les actualités : le monde est en flamme). Nous l'utilisons pour regarder du porno et pour traquer notre voisin.

Et donc, oui, tu vas te battre pour ton droit de regarder du porno. Ok, je veux dire, je ne peux pas te blâmer de vouloir regarder du porno. Mais tu ne vas défendre que cette liberté. Quand les gens descendent dans la rue pour "Internet", ils ne demandent pas la liberté d'organisation, de communiquer et d'avoir une vie privée. Ils veulent juste regarder les films qu'ils ne veulent pas payer (parce que les films de nos jours sont tellement nuls que personne en devrait payer pour ça, je suis d'accord) ou regarder leur voisin baiser dans une party.

Et maintenant, la société civile est simplement en train de gueuler contre une tentative de censure le grand 'ternet. Sauf que ce n'est se battre que contre cela. Nous avons déjà été trompés dans le passé, lorsque nous nous sommes opposés à DADVSI quand les lois contre le terrorisme sont passées. Deux fois.

Le problème c'est que les organisation (et les non-organisation) comme LQDN sont peut-être très bien pour faire en sorte que les gens appellent les députés de l'Assemblée nationale française ou au parlement européen (après tout, ACTA a perdu), mais elles ne sont pas bonnes du tout pour expliquer aux gens pourquoi ces lois font chier.

Le truc c'est que maintenant, on a dans chaque loi (sur la programmation des opérations militaires, sur la prostitution, les jeux, les violations du droit d'auteur, la criminalisation des discours haineux, etc.) un article sur Internet et la censure/contrôle.

Le truc c'est que maintenant, nous sommes en train de nous battre seulement sur ce point. Nous, les citoyens, au moins ceux qui occupent la sphère médiatique et l'espace social, nous ne nous occupons que d'Internet, et de rien d'autre.

Ça veut dire que c'est facile pour le gouvernement de passer une nouvelle loi sécuritaire. Il n'a qu'à ajouter un article-pour-censurer-Internet-qu-il-ne-veut-pas-vraiment et attendre que la société civile réagisse à cet article particulier que le gouvernement veut abandonner de toute manière.

Ça va donner à la société civile l'impression qu'elle est utile, tout en validant cette façon de faire du gouvernement.

Bon, tu sais quoi ?

V

A

T

E

F

A

I

R

E

F

O

U

T

R

E

!

C'est un mensonge.

Ça ne marche pas. Une société qui accepte la surveillance de masse (que ce soit en utilisant des caméras de surveillance, pour des écrans publicitaires qui suivent le mouvement des yeux et sont équipés de systèmes de reconnaissance faciale, les réseaux sociaux envahissant et autres systèmes de reconnaissance faciale censés être cools), n'est pas démocratique.

Réveille-toi !

Il est temps de cesser de croire que de manifester en bon ordre et de manière bien contrôlée, que de signer des pétitions et de crier fonctionne. Ça ne marche pas, et la classe politique actuelle se fout de nous et de ce système.

Nous avons besoin d'enseigner, d'offrir toutes les explications nécessaires, de combattre la peur et d'aider tout le monde à mieux comprendre ce qu'Internet est vraiment, ce qu'il n'est pas, et pourquoi c'est la plus belle invention que l'humanité n'a (encore) jamais faite. Et nous ne pouvons faire cela en utilisant la manière traditionnelle de s'exprimer.

Nous devons arrêter d'essayer de convaincre les politiciens et construire des fondations plus puissantes et des mouvements décentralisés. Nous devons construire la société alternative dont tout le monde rêve. Nous devons arrêter de penser que les politiciens et les transnationales vont entendre les gens, parce que ça n'arrivera pas tant qu'ils se croiront à l'abri. Nous devons les défier et menacer leur sécurité.

Nous ne devons pas abandonner nos droits, et parmi ces droits celui d'avoir une vie privée et de la protéger des immixion arbitraires, en accord avec l'article 12 de la déclaration des droits de l'homme, mais c'est un peu tard.

Je veux dire, la première loi anti-terroriste était en 2001 (LSQ). Depuis, il y en a eu un paquet. Et à chaque fois, il n'y a que l'internaute - ou celui qui s'éclate avec son porno - pour les combattre.

C'était il y a 12 ans. Et nous les avons encore toutes. Personne ne demande publiquement d'abroger ces lois. Au lieu de cela, nous ne faisons que de réagir, nous nous installons dans une tactique de défense dans laquelle nous ne pouvons que perdre quelque chose (une petite part de liberté, ou une plus grande), nous avons besoin de reprendre l'initiative.

Comment de pertes de liberté allons-nous endurer avant que quelqu'un se mettre à bouger ? Je pense que nous avons abandonné la lutte. Je pense que nous pensons à ce que nous pouvons perdre si nous nous laissons à nous mettre en colère, et c'est pour ça que nous entendons beaucoup parler de ce qu'il se passe en Grèce. Nos soi-disants dirigeants utilisent la Grèce comme un épouvantail pour nous effrayer et nous faire rester tranquille, en disant, tu sais, "tu ne devrais pas trop en demander, ou tu pourrais tout perdre." Le problème ici n'est pas ce qu'il nous reste à perdre. Mais ce que nous pouvons gagner.

Donc, réveille-toi. Et pense à ce que nous pourrions avoir, que nous pourrions commencer à demander au lieu d'attendre ce que tu mérites, à savoir d'être attaqué par une nouvelle loi stupide. Reprendre la rue. Menacer et défier ceux qui sont au pouvoir. Utiliser la solidarité et les moyens de communications qui sont autour de toi.

Les politiciens ne sont pas la solution. La solution, c'est toi. Tu les laisses contrôler ta vie. Il est temps de changer.

Modifié la dernière fois le jeudi 12 décembre 2013 à 19:11:44

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