la fin de tout


depuis aussi long que je me souvienne
une bandelette de coton
élimé
vibre au moindre courant
d'air
malgré les fils rompus
les trous
s'y projette l'image
en mouvement
de la vie

depuis aussi long que je me souvienne
alors que
comment dire
alors que les égratignures
et les plaies
s'ajoutent aux taches
et aux failles de naissance
alors que tu le sais
bien mieux que moi
et pire encore
pourtant
cette indescriptible
sensation
de vivre
cette innommable
sensation
qu'on ne saurait mesurer
et qui pourtant
a une fin

peut-être est-ce là
cette bandelette de coton
cette sensation
la fondation sur laquelle je bâtis
mon palais de vent
hanté par l'écho
des voix des hommes des femmes
des enfants
qui meurent parce que nous avons fermé nos portes
mon palais de vent
trop lourd des tonnes de gaz carbone
de particules fines

à l'heure du plus jamais ça
il était déjà trop tard
mais
il a toujours été
il sera toujours
trop tard

aussi
ce n'est pas une raison.

1 commentaire

#1 : 2016-10-18 @ 13:53
Jeanne a dit :

Pas une raison pour ne pas essayer de "changer le monde"
Pas une raison pour ne pas tendre la main
Pas une raison pour ne pas loger un réfugier chez soi
Pas une raison pour ne pas sacrifier un peu de son confort pour une meilleure répartition des richesse
Merci pour ce beau texte!

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Capcha
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