Sans raison.

Glory Box

Ne me donne pas de raison pour vivre. Je n'aime pas l'absurde aussi je ne veux pas de justification, ni bancale, ni solide, pas de fondation, pas de base, pas d'appui autre que mes pieds sur le sol, que mes fesses sur la chaise. Aucune raison pour t'aimer, ni pour leur dire non non non non, sans illusion. Ne me donne pas de raison pour vivre. Si tu en as besoin, cherche-les donc ailleurs, sens-toi libre, et en dehors de cela, tu es bienvenue, bienvenu, bienvenus.

L'automne est une merveilleuse saison, comme les trois autres, et comme les trois autres, elle arrive au bon moment. Je ne sais toi, je ne sais pas pour toi et je ne saurai jamais pour toi, mais il me semble que je suis fait pour vivre cette vie, sans raison, sans déraison. Cette saleté de chienne de vie. Il fut un temps où j'étais fait pour naître, fait pour fuir, fait pour croire, fait pour m'accrocher, fait pour la tyrannie, fait... Aujourd'hui, je suis, comme toujours, fait pour vivre. Et il sera un jour où je serai fait pour mourir.

L'automne. La terre s'engraisse. L'absence de libre arbitre, l'absence de choix parfume comme ce fumier que l'on répand dans les champs, novembre de brumes et de pluies, novembre de soleil et de lumières. Les corneilles te font sentir que l'étranger, c'est toi et que si tu n'es pas sage elles vont, non pas t'expulser, ce serait trop lâche et stérile, mais te dévorer, t'assimiler. J'aime les corneilles, franchement claniques. L'automne est leur terre, leur contrée.

automne

Ne me donne aucune raison pour rien. Je n'ai pas besoin de raison, je ne désire aucune illusion. Je jouis de désirer, voilà tout. Je résiste en abandonnant toute résistance, je tiens bon la barre en abandonnant tout cap, toute dérisoire maîtrise, l'automne est une bonne saison, la pourriture une bonne nourriture, ni bonne ni mauvaise, c'est comme ça, personne n'y peut rien, l'automne est une bonne saison pour voir mourir ses feuilles, as-tu vu comme la mort flamboie, une gloire d'or et de tourbe, la victoire de l'éphémère qui passe, comme passe l'éternité, ce jeu de mot.

Trop souvent la volonté accélère, accélère en direction du mur, en direction de l'abîme. Laisse tomber, et vole!

Je sens sur la bretelle d'autoroute une cohérence tout à fait incohérente, un effet de surface, des kilomètres carrés de bitume inaccessibles, négation de l'homme. Je touche sous la douche des feuilles mortes une incohérence nourrissant la cohérence. Un mélange, une mixture, une dérive de la lettre à l'esprit charnel, plus intègre tu meurs. Ou tu tues, c'est un peu du pareil au même. Je suis animal, je suis animal, je suis matière, je pense donc mon esprit est de chair!

Roads


La musique est de Portishead, Roseland NYC Live, 1998

1 commentaire

#1 : 2010-11-18 @ 07:07
iGor a dit :

hello,
the theme is the 2010 default theme of wordpress : Twenty Ten.

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Capcha
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