Mélèzes

bien avant la hache
bien avant le biface
les mélèzes
chantaient la langue du
sans nom
la langue
de la nostalgie

les mélèzes
gardiens de la solitude
poumons de désolation
au milieu des encombrements de la civilisation
les mélèzes
chantent
mon absence
en ma présence

les mélèzes
verts acidulés de l'enfance
bruns secs gris chauds de la mort
en feu en flamme impassibles
chantent
l'indistinct l'indicible
pierres et pins
se taisent ou balbutient
timides
sous la grande éloquence
des mélèzes

1 commentaire

#1 : 2011-05-02 @ 12:35
Mlle "J" a dit :

Ces mélèzes semblent constater avec sagesse le malaise qui s'enracine toujours plus profondément dans la civilisation.
"les mélèzes
gardiens de la solitude
poumons de désolation
au milieu des encombrements de la civilisation"
mélèzes
battus par les vents
rongés par les pluies
immuable conscience du malaise
de l'érosion du temps
immuable présence
dans l'érosion des temps

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Capcha
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