Dérive

Yoshida Tatsuya, Satoko Fuji - Erans - Ayentanams :

Ça fait quelques jours semaines m... temps. Que. Que je me demande bien à quoi bon un blog. Deux blogs. Remarque, aujourd'hui je suis capable de me le demander sans baisser le rideau de fer. Ou presque. Quand on me fait chier, je ferme un répertoire. Puis je finis par l'ouvrir à nouveau, à moitié, avec le mot de passe qu'on m'a demandé. Au fond pourquoi pas. Avec le web et Internet, comme dans la vie, mais bien différemment, des points de vue tout noir ou tout blanc, voire tout gris, ça ne joue pas bien longtemps.

Bref. Je m'étais demandé à quoi bon. Simplement pour la possibilité de dire quelque chose quand j'en ai envie. Quand j'y arrive. Quand j'ai besoin. Quand je n'ai pas le choix. Accumuler des mots les uns devant les autres pour éloigner le moment de dire. J'ai ouvert un dossier : "en attente". S'y entassent des morceaux de débuts, des avortons de textes, des choses non formulées, sans forme distincte.

Le web rend visible l'ébauche.

Bien, mal, allez savoir. Comment peut-on savoir ce qui est bien ou mal ? Y aurait-il un autre choix que... Pas de morale universelle. Dépend du point de vue. L'objectivité est quelque chose d'important pour se prémunir de la folie arbitraire de la subjectivité. Mais, l'objectivité est étrangère aux perceptions individuelles.

Et de mon point de vue tout à fait individuel, depuis ce "moi je" qui parfois me fatigue énormément, je sais ne pas être en mesure de tirer des conclusions définitives. Rien de valable. Et il arrive un point où la confrontation, le rapport de force, ne peut plus être arbitré par une morale supérieure, une vérité supérieure. Simplement parce que cette supériorité là est absente. Illusoire. C'est un élément indispensable, de mon point de vue, à l'auto-défense intellectuelle.

Et l'étape suivante, le pas suivant, serait de...

Je voulais parler de bien d'autres choses. Mais ce n'est pas utile.

Réveillons-nous. Toujours un peu plus. Et se méfier de tous les groupes, les drapeaux, les succès. Se méfier même des échecs. Se méfier des illusions. Se méfier. Et faire confiance en une seule chose : mon chemin, que je ne saurais connaître.

Face à face avec un cygne, en contre-jour lien vers la photo en taille originale

2 commentaires

#1 : 2012-02-05 @ 14:52
Laurence a dit :

Bonjour Igor !
C'est étonnant comme ce que tu nous révèles ici trouve un écho chez moi.
Tout d'abord le à quoi bon ? pour rendre visible l'ébauche ? Et j'aurais envie de te retourner la question : pourquoi pas ?
Se méfier, pourquoi pas aussi ... Donner, offrir, partager, pourquoi pas ...
Faire confiance, pourquoi pas ...
Aucune réponse définitive effectivement ...
Mais il le semble que c'est tant que l'on ressent ce besoin de "pourquoi pas" qu'on est pleinement vivants,

A bientôt !

Laurence

#2 : 2012-02-05 @ 15:01
iGor milhit a dit :

[...] qu'on est pleinement vivant


C'est ce qui m'importe, vivre. Pour cela, j'ai besoin de me débattre contre l'auto-censure. Ce texte, comme d'autres, est mon art martial maladroit.

En tout cas, sympa d'avoir laissé un mot ici. Merci.

Écrire un commentaire

Capcha
Entrez le code de l'image :