Une fin, un début : transition.

Difficile de commencer un billet qui parle d'une fin. Pourtant, fin et début ne sont que des transitions. Celles-ci sont délicates, il est vrai, surtout lorsque l'on s'en préoccupe avec trop d'attention. Pour exprimer les choses un peu brutalement, j'ai terminé une formation. Comme souvent les fins, ça c'est passé en plusieurs étapes, en dégradé, car tout se dégrade, c'est un fait que nous, les vieux, ne pouvont que constater. :) Mais désormais, le processus d'aboutissement est très avancé, on pourrait sans trop de risque dire que la fin est achevée. Ce qui me permet de l'annoncer ici, même si c'est avec un peu de retard.

Certaines et certains d'entre vous sont au courant, notamment si vous avez eu la curiosité d'aller lire l'étrange page /me, qui demande d'être mise à jour (c'est au programme), je suivais, oui il s'agit bien du passé, une formation au titre barbare : un bachelor HES en Information documentaire (pour faire simple). Traditionnellement, c'était (oui, au passé aussi :) ) les métiers de la bibliothèque, de la documentation et des archives. C'est toujours le cas, mais l'informatisation et la numérisation sont passées par-là, ce qui modifie grandement la donne, ajoute des métiers (en novlangue néolibérale, ça s'appelle des compétences) et en remet en question d'autres. Ça ne devrait étonner personne. Bien ? Pas bien ? À mon sens il est impossible d'en décider. Je suis presque autant méfiant des nouvelles technologies, que curieux et passionné. L'informatique est un outil puissant, ludique, grisant, frustrant, addictif... Pour l'instant, cet outil est là, et bien là, aussi n'est-il pas vain de chercher à bien le comprendre, non sans essayer de prendre un peu de recul. L'outil informatique est donc là, mais jusqu'à quand ? Bien malin qui saura le prédire. Ça dépend notamment de la capacité de la société humaine de négocier le tournant de tous les dangers qui est à l'ordre du jour depuis un bon siècle, au moins, et également de l'évolution de la question de l'énergie. Mais je m'éloigne singulièrement du sujet.

Qui est la fin de cette formation. Qui dit bachelor, dit travail de bachelor, TB pour les intimes. Pour ma part, en suivant tortueusement la piste de l'informatique libre, en passant par la question tout à fait centrale des formats ouverts, voire libres, et les questions qui m'intriguent, à savoir l'interropérabilité et la pérennité des données numériques, j'ai croisé la route du NTICE. Ce service travaille sur différents projets, notamment un outil d'échange et de partage de données informatiques entre chercheurs, le GIPDIR, pour Gestion Intégrée d'une Pluralité de Données Issues de la Recherche. Cette outil participe donc d'une centralisation des données numériques d'un projet de recherche, ce qui a amené très naturellement le service NTICE à se poser la question de l'archivage à long terme de celles-ci. Et c'est dans ce cadre là que s'est inscrit mon travail.

J'ai simplement cherché à comprendre ce que signifiait aujourd'hui le fait de conserver à long terme les données de la recherche, afin d'établir quelques recommandations pour mener à bien un projet d'archivage de données numériques de la recherche. C'est un fait communément partagé qu'on ne sait pas actuellement le faire de manière optimale. À moyen terme, le sort des données numériques est assez incertain. Mais il est certain que si aucun effort n'est fait dans le sens d'améliorer la situation, alors les données numériques seront vraisemblablement inaccessibles d'ici quelques années. Il faut donc encourager tout action positive, même si elle n'est pas à la hauteur des exigences idéales en la matière. S'ajoute le fait que les chercheuses et les chercheurs, ainsi que les personnes en charge de la gestion à long termes des données, travaillent dans un contexte limité, que ce soit financièrement ou par le temps. Aussi, des exigences trop strictes, même légitimes, sont susceptibles de décourager les acteurs, ce qui est à éviter. Cette attitude pragmatique a été soulignée lors de la soutenance de mon travail, par des personnes impliquées dans ce type de projet.

Je suis passé par quelques moments de doutes assez profonds, notamment en cherchant à concilier les exigences de l'archivage à long terme et les besoins des chercheuses et chercheurs durant leur activité, mais les doutes sont féconds, si du moins on en sort. Dans l'ensemble j'ai eu beaucoup de plaisir, c'est un sujet qui a du sens, et qui traverse des champs qui ne sont pas encore entièrement explorés. Les résultats obtenus sont certainement en rapport avec ce plaisir ! :) Ce qui m'encourage à mettre à disposition ce travail.
Tu le trouveras donc sous deux formes. D'abord un fichier ODT. Nous avions l'obligation de nous conformer à un modèle, soit avec le logiciel propriétaire Microsoft Word, soit avec une suite libre, ce que j'ai bien entendu privilégié. Un grand merci à LibreOffice ! J'ai cherché à pousser jusqu'au bout la logique de structuration de ce documents. Puis, je mets à disposition également la version PDF/A :

J'aimerais bien faire l'expérience d'en produire une version LaTeX, ce d'autant plus depuis la publication par Maïeul Rouquette de (Xe)LaTeX appliqué aux sciences humaines. Ce serait égalment intéressant de réaliser une archive de l'ensemble des fichiers que j'ai créés et utilisés pour ce travail, comme exercice pratique.
Un regret : ce travail n'est pas sous une licence libre, ou une licence CreativeCommons. Je n'ai pas même essayé d'en parler avec mon école. C'est bien dommage. Mea Culpa.

1 commentaire

#1 : 2013-03-20 @ 19:40
Une présentation à l’IUMSP | blogiGor a dit :

[...] sur le thème de mon travail de bachelor (dont il était brièvement question dans le billet Une fin, un début, une transition). Le titre exact de cette présentation était. : Archivage à long terme des données de la [...]

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