Des martinets qui tournoient

martinet volant quittant l'image vers la droite

Des martinets qui tournoient
j’aimerais la vitesse
des martinets qui tournoient
j’aimerais l’ivresse
ballet des ivrognes

Des martinets qui tournoient
j’aimerais l’insouciance
des martinets qui tournoient
j’aimerais le cri et la gaieté
danse des fous

Des martinets qui tournoient
j’aimerais l’agilité
des martinets qui tournoient
j’aimerais l’inaccessibilité
oscillement des funambules

Des martinets qui tournoient
j’aimerais une plume
des martinets qui tournoient
j’aimerais un battement d’ailes
gigue des artistes

quitter un instant la terre et ses embourbements
sans pourtant perdre pied
dans l’immensité
regarder en l’air
– ancrée
le corps lié à sa pesanteur –
et surprendre ces volutes
sous la voûte bleutée

Funambule habile
qui ne peut mettre pied à terre
condamné à virevolter
sur le fil ténu de l’air
je ne veux que rêver
de ton vol et de ta fougue
de ta hauteur et de ton souffle
acrobate heureux
je veux te voir de là
en-bas
heureuse
renonçant au prix de ton sacrifice
de trop grandes ailes
pour d’inaccessibles sommets


martinet volant dans un ciel nuageux

vol d'un martinet sur ciel gris

groupe de martinets sur ciel nuageux

groupe de martinets virevoltant dans le ciel

martinet au milieu de l'image volant dans le ciel, flou d'arbre dans le coin gauche de l'image

martinet volant dans un ciel nuageux, martinet en haut à gauche de l'image

martinet volant sur un ciel nuageux

14 commentaires sur “Des martinets qui tournoient

  1. Mon vol m’a poussé jusqu’ici ce matin
    merveille des merveilles … quel bel espace
    tout en finesse et subtilité
    d’une beauté éthérée
    merci

    Beau dimanche
    bel été

     » Le martinet

    Martinet aux ailes trop larges, qui vire et crie sa joie autour de la maison. Tel est le coeur.

    Il dessèche le tonnerre. Il sème dans le ciel serein. S’il touche au sol, il se déchire.

    Sa repartie* est l’hirondelle. Il déteste la familière. Que vaut dentelle de la tour ?

    Sa pause est au creux le plus sombre. Nul n’est plus à l’étroit que lui.

    L’été de la longue clarté, il filera dans les ténèbres, par les persiennes de minuit.

    Il n’est pas d’ yeux pour le tenir. Il crie, c’est toute sa présence. Un mince fusil va l’abattre. Tel est le coeur. »

    René Char

    1. Bienvenue et merci! Vos quelques mots m’ont beaucoup émue. Et j’ai apprécié découvrir ce magnifique texte de René Char que je relis régulièrement. En espérant toujours échapper à cette chute… c’est très beau chez vous aussi. Je vais bientôt prendre le temps de venir m’y exprimer. Merci encore!

    1. Merci du passage! Ca fait plaisir de recevoir de nouveaux regards. Oui, j’aime bien cet effet graphique. Mais je me suis demandée si j’aurais dû retravailler les contrastes pour renforcer cette impression. Pour finir, j’ai préféré pour différentes raisons les laisser telles quelles.

    1. Quand l’essentiel est dit en quelques battements d’ailes, on ne peut faire autrement que d’être un peu minimaliste… 😉

    1. Merci d’avoir combiné texte et image, j’aime la manière dont tu le formules. Spectacle. C’est ce que j’observais depuis le rez-de-chausser pendant quelques semaines, le soir. Là, mes tendres martinets semblent déjà s’être rendus un peu plus loin. Leurs cris me manquent.

  2. Oh ! Réussir à capturer les martinets en vol ! Bravo, Jeanne. Ils écrivent à l’encre de Chine sur le ciel, si vite que nous ne pouvons les lire.
    Merci pour ces lignes inspirées. Leur légéretè nous allège.

    1. Merci Tania pour cet enthousiasme! J’aime beaucoup l’image que tu associes au vol des ces oiseaux. C’est aussi ces formes étonnantes qu’ils prennent pendant leur vol qui m’ont le plus impressionnée. Une langue aux lettres mystérieuses.

    1. Oh cette image me plaît aussi! L’appareil est bien comme un pinceau chinois qui doit se mouvoir avec grâce et simplicité: il suit tout un tracé pour arriver à saisir en un déclenchement une figure de l’oiseau. « papier de riz », ça me fait rêver, je n’en ai jamais touché… mais ça me rappelle les fines galettes de riz que j’aime tant manger en rouleau d’été. 🙂

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